
« Justice » est un roman épistolaire dont l’un des correspondants
est l’Administration. Il commence par une réclamation d’Antoine
GERLAND à son directeur dans l’espoir de faire reconnaître son
ancienneté et se termine, dix ans plus tard, par une série d’actes criminels
et la fuite du fonctionnaire à l’étranger.
Entre les deux, l’échange de courriers pointe l’évolution
psychologique du plaignant face au dogmatisme de l’Administration.
Malgré l’humour des lettres de réclamation, tentant d’amener un peu
d’humanité dans la machine à broyer institutionnelle, le lecteur plie
comme Antoine sous l’effroyable poids de la solitude. La compassion
n’est plus de ce monde, l’arrogance triomphe de tous côtés et ce qui
se serait réglé à l’amiable dans un monde civilisé dérive vers un
combat de coqs aussi absurde que barbare. La justice est une
question d’équilibre.
Le combat d’un homme contre une dictature ordinaire.